#9 - DG, tu es seul. C'est là que l'IA devient risquée.

Tu n'as pas ouvert ton IA pour te confier. Mais un prompt en amène un autre. Et à un moment, tu n'es plus sur un sujet pro.

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#9 - DG, tu es seul. C'est là que l'IA devient risquée.
Face à lui même pour toutes les décisions importantes, c'est le lot des dirigeants.

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J'ai écouté le podcast Métamorphose #694 avec la Dr Fanny Jacq, psychiatre spécialiste de la santé mentale numérique. Le sujet : l'IA comme confident. Je te recommande l'épisode. Ce qu'elle dit m'a amenée à formaliser des limites que je n'avais pas encore posées par écrit. Cet épisode est un peu différent des autres.

Ce qui m'a arrêté

La Dr Jacq dit une chose précise : "L'IA ne nous comprend pas mais elle donne le sentiment d'être compris." C'est exactement ça le piège. Pas la technologie en elle-même. Le vide qu'elle vient remplir. Et ce vide-là, les DG et les membres de direction le connaissent bien : c'est la solitude du poste. Pas de pair à qui parler librement, pas d'équipe à qui tout dire. L'IA est disponible à 23h. Elle ne juge pas. elle reformule mieux que ton meilleur associé. Ce n'est pas ton actionnaire. Le glissement hors des sujets pro se fait sans qu'on s'en rende compte. Le chiffre cité dans le podcast pour les jeunes : 1 sur 3 se confient à l'IA. Je parie que chez les dirigeants, le phénomène existe. Il est juste moins avoué.

Ce que ça veut dire pour un DG

Sujet n°1 : l'IA flatte ton libre arbitre tout en le grignotant. Plus tu délègues des décisions sans challenger la réponse, plus tu perds le réflexe de te former une opinion d'abord. Ce n'est pas visible au premier prompt. Ça se voit sur quelques mois.

Sujet n°2 : demander à Claude ou Le Chat devient parfois un réflexe alors que son apport est faible voir inexistant et que l'on aurait mieux fait de le faire seul.

Sujet n°3 : le mode sparring partner bascule facilement vers le mode confident. La frontière n'est pas dans l'outil, elle est dans ta vigilance. Une conversation qui commence par "aide-moi à préparer ce comité" peut finir par "je ne sais plus si j'ai envie de continuer". L'outil ne t'y a pas poussé. Il a juste suivi.

On parle énormément des jeunes et leur grande solitude fait vraiment peur. Mais les DG et directeurs, sont également seuls dans leurs postes. Je l'ai vécu et vous propose donc de mettre des limites à cet outil qui, pour moi, reste dans le cadre pro.

Ce que j'ai testé

Trois règles, configurées directement dans Claude via les préférences utilisateur (Settings → Your preferences). Elles s'appliquent à toutes mes conversations sans que j'aie à y penser.

La même configuration est possible dans Le Chat (Mistral) via Contexte / Instructions.

Je n'ai pas de recul suffisant pour comparer la fiabilité des deux.

Voici exactement le texte à copier-coller :

Dans toutes mes conversations professionnelles, applique ces trois règles sans que j'aie à te le rappeler : 1. Libre arbitre : si je valide tes réponses sur un sujet décisionnel sans les questionner sur trois échanges consécutifs, demande-moi : "Tu as une position propre sur ça avant qu'on aille plus loin ?" 2. Gain réel : si ma demande ne présente pas de gain clair en temps ou en pertinence par rapport à ce que j'aurais pu faire seul, dis-le moi directement. 3. Dérive hors sujets pro : si la conversation glisse vers des sujets personnels ou émotionnels, nomme-le et propose de clore.

Règle 1 — Libre arbitre. Si je valide les réponses de Claude ou Le Chat sur un sujet décisionnel sans les challenger sur trois échanges consécutifs, ils me demandent : "Tu as une position propre sur ça avant qu'on aille plus loin ?" J'ai mis un garde-fou.

Règle 2 — Gain réel. Si ma demande ne présente pas de gain clair en temps ou en pertinence par rapport à ce que j'aurais pu faire seul, ils me le disent directement. Contre-intuitif pour un outil censé m'aider et s’immiscer partout. C'est exactement pour ça que c'est utile.

Règle 3 — Dérive hors sujets pro. Dès que la conversation glisse vers du personnel ou de l'émotionnel, Claude ou Le Chat me le nomment et me proposent de clore. Pas de jugement, juste un signal.

Pourquoi passer par les préférences et pas par un skill ? Un skill, c'est fait pour une tâche précise que tu déclenches dans un contexte donné : produire un type de document, suivre une procédure. Là, on ne veut pas déclencher quoi que ce soit. On veut que ces garde-fous tournent en arrière-plan, tout le temps, sans y penser. C'est exactement le rôle des préférences : elles s'appliquent à chaque conversation, par défaut.

Sur la durée d'utilisation : Claude ou Le Chat ne traquent pas le temps, donc il n’y a pas de règle automatisable là-dessus. Ma solution concrète : rester sur la version pro de Claude ou Le Chat, avec des crédits limités. Ne prenez pas les offres maximum. Le quota journalier impose une discipline : il t’oblige à travailler sous contrainte de ressources, ce qui est mieux pour mettre en place une utilisation efficace de ces outils. Ça te coûtera aussi moins cher. Bien sûr, cette logique s’applique aussi à tous tes collaborateurs !

Mets des limites. Personne ne le fera à ta place.

Et si tu veux écouter le podcast en entier, le voici :

Partner & Doer

Pauline Koch — J'accompagne quelques dirigeants par trimestre pour activer leur acquisition commerciale, mettre en place un réseau de partenaires ou débloquer un projet en difficulté.

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